Afrique du Sud : les bleus gagnants !

Ni un rêve, ni une hallucination mais simplement une évidence : parcourir la côte Ouest de l’Afrique du Sud révèle toutes les richesses à la fois terrestres et sous marines de cette nation arc en ciel. Le trésor des bleus n’est surement pas le foot mais belle et bien la plongée !

Vous pourrez, en effet, rencontrer en Afrique du Sud toutes les espèces croisées dans une vie entière de plongeur baroudeur.

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Politiquement isolé pendant plusieurs décennies, l’Afrique du Sud est devenue, depuis la fin officielle de l’apartheid en 1990, l’un des destinations touristiques les plus prisées du monde. Cet engouement actuel est justifié par un héritage culturel d’une grande richesse mais surtout par un patrimoine naturel exceptionnel que l’Afrique du Sud a su valoriser mieux qu’aucune autre nation au monde. Au carrefour d’influences africaines et européennes, le pays possède des infrastructures à l’occidentale permettant aux voyageurs de découvrir des espaces sauvages en toute liberté.

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Côté requins, vous serez servis : 117 espèces ont été répertoriées sur la côte Est. Cette formidable biodiversité n’a pas échappée à Brian Griffiths qui décida, en 2003, de proposer aux plongeurs francophones une visite unique de son pays d’adoption. Brian est en fait d’origine galloise mais sa carrière d’ingénieur l’a amené à voyager tout autour du monde et à s’établir, depuis plus de 30 ans, en Afrique du Sud. Brian propose un itinéraire basé sur la rencontre des requins. Il n’est pas rare de rencontrer plus de 10 espèces différentes au cours d’un voyage de 14 jours. Cet itinéraire vous fera partir de Durban pour remonter jusqu’au Mozambique puis redescendre jusqu’ à Aliwal Shoal. Ce véritable safari ne se résume pas uniquement à tremper ses palmes. Un juste équilibre a été trouvé entre la plongée et la découverte de cette côte avec la rencontre d’une faune et des paysages variés à l’image de cette nation « arc en ciel » décrite par Nelson Mendela.

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Pour répondre à l’attente des plongeurs tout en voulant démystifier cette image du requin mangeur d’hommes, Brian commence le voyage par une visite…..de l’aquarium de Durban. Cet aquarium dispose de 3 bassins intéressants permettant de découvrir certaines espèces pouvant être rencontrées lors du safari comme le requin taureau, le requin sombre et le requin marteau. Cette visite permet d’avoir à l’esprit certains éléments distinctifs, avec en plus, les anecdotes de Brian.

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Réserve de Hluhluwe-Umfolozi

Passé l’aquarium, le voyage continue par la visite de la réserve de Hluhluwe-Umfolozi, plus vieux parc d’Afrique du Sud, fondé en 1895 et couvrant 96000 hectares. C’est sans aucun doute le plus beau, le plus vaste  et le plus riche parc animalier de la région du Kwazulu Natal. Dans ces vastes collines recouvertes de savane africaine, vous pourrez observer de nombreuses espèces et notamment les big five (éléphant, rhinocéros, lion, léopard et buffle). Vous apprendrez sûrement, grâce aux explications de Brian, que l’éléphant ne peut plus s’allonger pour dormir à partir de 35 ans en raison de son poids, le contraignant à s’appuyer contre un arbre sous peine de mourir d’une attaque cardiaque provoquée par une surpression générée par sa propre masse ! Comme le requin, l’éléphant renouvelle ses dents lorsqu’elles sont usées grâce au déplacement vers l’avant de l’ensemble de sa dentition afin d’expulser celles devenues inutiles. A la différence du requin, l’éléphant peut perdre dans une vie uniquement que 144 dents mais ce processus se déroule le plus souvent dans la douleur ce qui explique que vous pourrez rencontrer certains pachydermes en train de mâchouiller une branche, histoire de se soulager !

Aquarium de Durban

Aquarium de Durban

 Symbole des résultats probants pouvant être obtenus par l’homme lorsque ce dernier veut sauver une espèce en danger, les rhinocéros vivent aujourd’hui paisiblement dans cette réserve. Il y a plus de cent cinquante ans, les rhinocéros vivaient paisiblement en Afrique. Cependant, la chasse au trophée organisée par les colons européens entraina un déclin rapide de leurs populations. Entre 1970 et 1992, le nombre de rhinocéros noirs chuta de 96 %  et celui du rhinocéros occidental passa de deux mille en 1960 à environ quinze en 1984…Grâce à la volonté des autorités du parc et à la campagne mondiale lancée à la fin des années 1970 par le WWF « Save the Rhino », certaines populations de rhinocéros africains se sont aujourd’hui stabilisées  et d’autres ont même connu une légère croissance.

Rhinocéros noirs

Sodwana Bay, la grande !

Une soirée dégustation de vins rouges et de fromages plus tard, voilà la plongée qui commence ! Sodwana Bay est située dans une réserve marine à 500 kilomètres au Nord de Durban et approximativement à 120 kilomètres du sud de la frontière du Mozambique. Avant même de rencontrer les merveilles sous-marines faisant de Sodwana Bay un lieu incontournable de la plongée en Afrique du Sud, vous découvrirez, tout d’abord, les départs et les arrivées sur la plage en bateaux.

Plage - Club de plongée

Pour aborder cette expérience de la façon la plus sereine, oubliez donc vos références européennes ! La technique utilisée sur ces côtes est, en effet, très particulière ! Jugez plutôt : le départ se fait avec des gilets de sauvetages et les pieds sanglés au plancher, l’objectif étant de passer la déferlante de vagues arrivant sur ce littoral peu profond. La première fois, on se demande pourquoi on se retrouve dans une telle situation : à l’aller le skipper affronte les vagues de face et, au retour, l’arrivée se fait mannettes des gaz poussées au maximum, moteurs relevés au dernier moment avec un arrêt d’urgence sur… la plage !

Plongée Cathedarles

Sodwana Bay dispose de sites de plongée remarquables dont la variété repose à la fois sur le type de coraux rencontrés (coraux mous et coraux durs) mais aussi sur les espèces pélagiques séjournant dans cette réserve. Entre Octobre et Février, les requins baleines et les baleines à bosse se rencontrent très souvent en surface. Chaque plongée effectuée s’accompagne pour l’occasion d’une chanson mélodieuse : celles des baleines communiquant avec leurs petits ! Vous pourrez aussi rencontrer des requins taureaux de Novembre à Janvier. 3 jours et 6 plongées plus tard, il est temps d’aller plus au Nord, au Mozambique cette fois-ci.

Ponta do Oro : Escapade au Mozambique

Ponta do Oro se situe à 15 kilomètres de la frontière Sud Africaine. Quelques kilomètres mais tellement de changements ! La rupture est totale dés la frontière : des bâtiments minutieusement entretenus pour les douanes sud-africaines, une vielle cabane délabrée pour les douanes mozambicaines… Fini les routes goudronnées, le trajet jusqu’à Ponta do Oro se fait sur des pistes très chaotiques et où il est inutile d’attendre une quelconque signalisation.  L’économie entière de ce pays a été, en effet, profondément marquée par une guerre civile qui s’acheva en 1992 et qui fit un million de victimes, autant de réfugiés dans les pays voisins et quatre millions de déplacés à l’intérieur du pays. Très peu plongés, les sites de Ponta do Oro sont réellement riches en flore mais surtout en faune pélagique. Brian a découvert ce paradis pour plongeurs en 1993 avec des amis. Ici on plonge avec du gros, du très gros ! Comme à Sodwana Bay, il n’est pas rare de rencontrer des baleines à bosses et des requins baleines. Mais, pour ceux et celles souhaitant approcher plusieurs espèces de requins, le clou du spectacle n’est pas là. Brian le sait !

Parc national Sainte Lucie

Le centre d’intérêts des plongées se nomme « pinnacles ». A quelques dizaines de milles de Ponta do Oro, c’est entre 35 et 40 mètres que tout se passe. La descente dans le bleu n’est pas rapide, « cela ne sert à rien », rétorque Brian « car on risque de rencontrer pas mal de choses déjà ». Comme pour ne pas trahir la parole de l’expert, une vingtaine de requins marteaux nous accueillent dans 10 mètres d’eau !  Au fond, Brian sort une bouteille en plastique remplie d’air puis commence à la triturer. J’avoue avoir pensé à la narcose un cours instant ! L’arrivée rapide d’un requin bouledogue me dissuade très rapidement de cette pensée saugrenue ! Voilà donc l’astuce du « maître chanteur » : une vulgaire bouteille en plastique en guise de tamtam et des requins viennent à notre rencontre comme attirés par ce bruit étrange s’apparentant sûrement aux mêmes types de vibrations provoquées par une proie en détresse.  Quelques minutes passées au fond, nous conduisent à entamer la remontée. La plongée n’est, néanmoins, pas terminée. Le concert acoustique de Brian se prolonge et les spectateurs se pressent pour y assister : un requin tigre vient nous inspecter quelques secondes puis un espadon voilier entame un ballet furtif autour de notre palanquée. L’ovation finale est donnée par les chants lointains des baleines à bosses.

Plongée Pinacles

Aliwal Shoal : les requins taureaux.

4 jours et 6 plongées plus tard, nous mettons le cap de nouveau sur l’Afrique du Sud pour rejoindre Aliwal Shoal, ville située à 50 kilomètres en dessous de Durban. Pour faire une pause dans ce trajet, un arrêt à Sainte Lucie permet de découvrir une richesse naturelle surprenante et d’approcher de très prés les hippopotames. « Le parc en zone humide de Sainte Lucia doit être le seul endroit au monde où les plus vieux mammifères terrestres (rhinocéros) et les plus grands mammifères terrestres (éléphants) partagent le même écosystème que les plus vieux poissons de la création (le cœlacanthe) et les plus gros mammifères marins (la baleine). » Cette déclaration de Nelson Mendela résume à elle seule toute la richesse de ce parc classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999.

Tembe Elephant Park

Une nuit et plusieurs centaines de kilomètres plus tard, nous voilà à Aliwal Shoal. De Juin à Novembre, les requins taureaux s’y retrouvent pour s’accoupler dans des grottes. Puis les mâles descendent vers le cap et les femelles montent vers le Nord. Ces migrations expliquent pourquoi l’on peut observer des requins taureaux entre Novembre et Janvier à Sodwana Bay. Ces requins sont, pour plusieurs raisons, très surprenants. Tout d’abord une dentition très particulière leur donne un sourire ravageur ! Leurs dents proéminentes sont, en fait, assez minces pour pouvoir attraper leurs proies et les avaler entières.  Enfin, la reproduction et le développement embryonnaire du requin-taureau sont aussi très originaux et d’un point de vue humain, totalement horribles ! En effet, les embryons s’entretuent pour se nourrir (embryophagie) jusqu’à ce que deux seulement (les plus forts) subsistent chacun dans un utérus.

Requin taureau

Requin taureau

A ce stade, si vous n’en avez toujours pas marre des requins, Brian vous propose une plongée avec appât pour essayer d’approcher le requin tigre. Avant de l’observer, nous nageons au milieu d’une centaine de requins sombres dans une ambiance de pénombre du fait de conditions exceptionnelles. Pour arriver à une telle concentration, un cocktail de sardines est décongelé pour l’occasion et placé au centre d’un tambour de machine à laver en inox fixé à la surface par un câble en acier. Les requins ne sont pas nourris mais « simplement » attirés par ce qui se dégage de cette boite à odeurs !

Le requin blanc à Gansbaai.

Toujours pas marre des requins ? Alors, vous pouvez aller cette fois-ci tout au Sud. Proche du port du Gansbaai, la passe de Shark Alley entre Dyer island et Geyser Rock est infestée de requins blancs notamment d’Avril à Novembre. La fréquentation régulière du grand blanc a généré un écotourisme important reposant sur l’observation en cage. Aujourd’hui, 12 sociétés sont autorisées par l’état à amener un nombre croissant de touristes voir de plus prés ce requin à la denture déchiquetée lui valant son nom latin Charcarodon Charcarias. Le grand blanc a aujourd’hui réussi à mettre son principal prédateur, l’homme, en cage !

La victoire n’est en fait que partielle car, plus Nord, dans le Natal, l’homme cultive encore la stupidité pour générer du profit. Le Natal Shark Board, organisme financé par les villes et les recettes fiscales se charge, en effet, de poser et d’entretenir des filets anti-requins au bord des plages. Il y avait, avant 1976, des attaques mortelles de requins sur les plages mais ces dernières étaient très certainement liées au dépeçage des baleines chassées le long de côtes et découpées sur les plages. Depuis l’interdiction de cette chasse, les attaques mortelles se sont réduites à néant. Néanmoins, pour justifier les profits générés par cet organisme, le massacre des dauphins et des requins pris dans ces filets, le requin est diabolisé dans un musée qui lui est consacré sur Durban. Si vous passez le dimanche, vous aurez même le privilège d’assister à une dissection en directe…

Requin blanc-2

 

Requin blanc-1


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